#Interview

Soins Coordonnés Nord Franche Comté accompagne l’arrêt du tabac

Dans le cadre de la journée mondiale sans tabac, Soins Coordonnés vous propose une interview du Docteur Elodie HERNANDEZ que nous accompagnons dans la mise en place d’une action d’aide au sevrage tabagique soutenu par l’ARS Bourgogne Franche-Comté. Elodie HERNANDEZ a d’abord effectué une formation en médecine générale au sein de l’Université de Franche-Comté puis un Master II en Pédagogie en science de la santé à l’Université de Strasbourg.

Aujourd’hui elle exerce en tant que médecin généraliste au sein du cabinet médical des Glacis à Belfort, rattaché au pôle Santé de Soins Coordonnés Nord Franche Comté.

Elle a un poste d’attachée au centre de formation et de recherche en pédagogie des sciences de la santé (CFRPS)à l’Université de Strasbourg.

En quoi consiste l’action d’aide au sevrage tabagique de Soins Coordonnés Nord Franche Comté?

Cette action a été pensée en cumulant deux objectifs :

D’abord, la création de cycles d’ateliers qui vont regrouper des professionnels de santé de diverses professions pour créer des groupes d’entraide au sevrage tabagique.

Le deuxième principe est de créer des lieux sans tabac dans les structures partenaires (ESAT, CADA, dans la MSP) pour permettre aux patients de disposer d’informations sur le sevrage, mais également que le projet soit connu des partenaires pour que les patients puissent être orientés.

Pourquoi avoir choisi de proposer des ateliers ?

Les ateliers et groupes d’entraide sont des méthodes bien utilisées en addictologie (principalement pour l’aide au sevrage tabagique) car cela permet d’initier une adhésion des patients permettant à la fois de se préparer à l’arrêt du tabac mais également à se maintenir dans l’arrêt.

Nous espérons que les ateliers permettront un grand nombre d’arrêts. Car le tabac fait des ravages. Il s’agit là de répondre tant aux souhaits des patients qu’à un réel besoin de santé de la population et à une importante question de santé publique.

Comment sont organisés les ateliers ?

Trois cycles sont prévus et s’étaleront sur 6 mois chacun regroupant en moyenne 20 patients par cycles.

Ces cycles seront composés d’une dizaine d’ateliers pouvant se dérouler en journée ou en soirée et portant chacun sur un thème.

L’animation est assurée par les professionnels de santé formés à relancer la parole, et à fournir des clés aux patients pour se préparer, arrêter et tenir.

A quel public s’adresse cette action ?

Tous les patients qui fument ou sont en cours de sevrage sont accueillis, et en particulier les patients en situation de précarité, en situation de handicap, aux femmes enceintes ainsi qu’aux jeunes aux conduites à risque.

Quels professionnels de santé sont mobilisés ?

Tous les professionnels de santé sont mobilisés, autant pour l’animation des ateliers que pour le recrutement des patients, ou pour penser les lieux de santé sans tabac.

L’animation des groupes est assurée par une diversité de professionnels : médecins, sophrologues, infirmiers, pharmaciens, ostéopathes mais aussi diététiciens et psychologues.

Parmi les professionnels des lieux de santé sans tabac, les éducateurs et les infirmiers des ESAT ou autres structures sont également mobilisés pour recruter les patients, les informer et se coordonner avec les ateliers.

La diversité des professionnels est une force majeure du projet.

Quels sont les outils employés pour mener à bien le projet ?

Nous allons utiliser des moyens de communication déjà créés, comme la documentation de l’INPES, des flyers, des affiches permettant d’informer sur les méfaits du tabac. En complément, nous avons également préparé des affiches et des flyers de notre projet à mettre à disposition dans les lieux de santé sans tabac.

Sur le terrain, nous avons également communiqué avec les professionnels de santé pour les former en addictologie et les inciter à mobiliser leurs patients.

De même, tous les professionnels du secteur vont être informés par courrier du calendrier des ateliers et des ressources à leur disposition.

Par ailleurs, l’action étant soutenue par l’ARS, nous avons mis en place des éléments d’évaluation quantitatifs pour répondre aux critères de cette dernière (aussi bien sur le nombre de participants, le nombre de professionnels de santé impliqués, le nombre d’arrêts du tabac, le temps écoulé après l’arrêt du tabac, les moyens spécifiques utilisés etc.)

En complément, nous aimerions pouvoir traduire cette action en un projet de recherche davantage qualitative qui permette de voir auprès des patients ce que le groupe d’entraide leur a apporté dans l’autodétermination à changer de comportement face au tabac.

Propos recueillis par Soins Coordonnés

le 28 mai 2019