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Grippe: pour un « kit santé » 100% gagnant

 L’Invs indique dans son dernier bulletin hebdomadaire que l’épidémie de grippe arrive. Huit régions sont officiellement en épidémie, cinq autres régions sont en phase pré-épidémique.

Chaque année les mêmes inquiétudes accompagnent cette épidémie saisonnière avec une crainte formulée que les services d’urgences soient débordés.

Que le système de santé dysfonctionne à la survenue d’une épidémie, a fortiori saisonnière, n’est pourtant pas une fatalité.

L’hiver dernier, l’épidémie avait abouti à 2 770 cas graves en réanimation mais elle touche entre 2 et 8 millions de personnes (chaque année). Autant dire que la grippe saisonnière reste la plupart du temps bénigne. C’est une maladie dont la plupart des malades guérissent en une à deux semaines sans traitement médical spécifique. Car, si elle fait courir des risques sérieux aux populations dites à risques (les plus jeunes, les personnes âgés, personnes malades souffrant de certaines pathologies notamment pneumopathies, sida, diabète, cancer, etc. ), la grippe nécessite une prise en charge médicamenteuse légère, du repos et une bonne hydratation.

C’est ainsi que beaucoup de personnes grippées se soignent seules ; le recours aux médecins de ville ou aux urgences hospitalières se fait le plus souvent pour justifier leur absence par un arrêt de travail ou un certificat. L’arrêt de travail est non seulement central pour le patient mais un élément cardinal du traitement car l’isolement des malades est essentiel pour stopper l’épidémie ou minorer ses effets.

Poussant le raisonnement plus loin, il apparaît donc que le recours aux médecins dans le cadre de l’épidémie de grippe – pour les patients qui ne présentent pas un profil à risque a priori – n’est primordial que pour la délivrance de cet arrêt de travail, d’autant que les consultations médicales dans ce contexte s’accompagnent souvent d’une sur-prescription notamment d’antibiotiques, inutiles dans la prise en charge de la grippe saisonnière.

Il importe d’une part d’apporter des réponses aux malades, de faciliter le travail des médecins débordés d’autre part et de prévenir la saturation des urgences. Soins Coordonnés propose la constitution d’un « kit santé grippe » à la disposition des professionnels de santé de premier recours que sont, pour commencer, les pharmaciens d’officine, les infirmiers libéraux et les sages-femmes.

De nature conceptuelle, ce kit, dont l’utilisation serait déclenchée dans chaque région par les autorités sanitaires régionales en période épidémique, permettrait aux soignants du premier recours de participer à la prise en charge des grippés au travers :
– de la possibilité qui leur serait donnée de prescrire les médicaments nécessaires
– de prodiguer les conseils adaptés,
– de produire et signer les arrêts de travail
– d’orienter vers les structures médicales les malades nécessitant une prise en charge plus complexe.

Simplifiant et fluidifiant le parcours des patients grippés ainsi qu’allégeant la charge de travail déjà lourde des médecins généralistes traitants, la mise en place de ce « kit santé – grippe » simplifie également les périodes de repos et d’isolement. Mobilisant l’ensemble des soignants disponibles, le dispositif offre de multiples avantages : moins couteux qu’une prise en charge par le seul médecin et les urgences hospitalières déjà au bord de l’explosion, il permet de répondre aux besoins de santé des malades qui en ont besoin, il soulage les médecins de ville surchargés lesquels pourraient ainsi se recentrer sur les cas les plus complexes. Un dispositif 100 % gagnant.