OCDE : la lutte contre les inégalités de santé plus que jamais d’actualité

« Health at a Glance : Europe 2018 » vient de paraitre. En sept points, il rappelle les priorités auxquelles sont confrontés la France et les pays de l’Union Européenne. Avec un leitmotiv inattendu : la lutte contre les inégalités.

Health at a Glance : Europe 2018 

1. Accorder une priorité accrue à l’amélioration de la santé mentale

Plus d’une personne sur six dans les pays de l’Union Européenne (UE) souffrirait d’un problème de santé mentale, soit environ 84 millions de personnes ce qui représente une prise en charge de 600 milliards d’euros, soit 4% du PIB. L’OCDE estime qu’on peut faire mieux pour mieux gérer les malades et promouvoir la bonne santé mentale.

2. Réduire les dépenses inutiles pour rendre les systèmes de santé plus efficaces et résilients

Jusqu’à un cinquième des dépenses de santé sont gaspillées et pourraient être réaffectées à des fins plus utiles : tests inutiles, traitements superflus, soins avec des ressources qui pourraient être moins couteuses. Une meilleure gestion des maladies chroniques en dehors de l’hôpital permettrait d’éviter des admissions en établissement défend l’OCDE qui déplore aussi les sorties retardées. Quant aux médicaments : optimiser le circuit et le prix, génériques et biosimilaires, prescription rationnelle et amélioration de l’adhésion thérapeutique des patients sont recommandés

3. Lutter contre les inégalités de santé

En moyenne, en raison de différences d’exposition aux facteurs de risques et d’inégalités d’accès aux soins dans l’ensemble de l’Union Européenne, les femmes peu scolarisées à l’âge de 30 ans vivent quatre ans de moins que ceux qui ont un diplôme universitaire – la différence s’aggrave chez les hommes qui vivent huit ans de moins.

4. Mieux prévenir au travers de la maîtrise des facteurs de risque

La consommation de atbac (en baisse) et d’alcool (également en baisse) restent les priorités avec l’obésité qui elle augmente : un adulte sur six est obèse avec des différences notables en fonction des CSP, 20% des adultes chez les moins « éduqués »  et 12% si le niveau d’études est plus élevé.

5. Renforcer l’efficacité des systèmes de santé pour réduire la mortalité précoce

Plus de 1,2 millions de décès auraient pu être évités en 2015 dans les pays de l’UE grâce à de meilleures politiques de santé publique  ou à des soins de santé plus efficaces et rapides. L’OCDE rappelle l’importance de relancer la couverture vaccinale, la lutte contre le tabac, l’alcool, la mauvaise alimentation et le manque d’exercice physique.

6. Garantir un accès universel aux soins pour réduire les inégalités en matière de santé

Les besoins de santé non satisfaits sont généralement faibles en UE mais les ménages à faible revenu sont cinq fois plus susceptibles d’y être confrontés que les ménages à haut revenu. Pénurie de médecins et délai d’attente concernent bon nombre de pays européens.

7. Mieux utiliser le numérique au service de l’accès aux soins

Face à l’augmentation des besoins de santé (on est passé de 8,8% du PIB à 9,6% en dix ans) et la croissance des soins de longue durée, le numérique permet d’envisager un vieillissement en meilleure santé et des soins davantage axés sur la personne : dossiers médicaux, prescription électronique, informations et services sur internet.