Déserts médicaux : agissons !

En dépit des annonces répétées, la situation sur le terrain continue de se dégrader et l’accès aux soins recule dans notre pays. Comme le rappelle la Cour des comptes dans son rapport sur l’avenir de l’Assurance Maladie (nov. 17) , « les 10 % de la population les plus avantagés ont trois fois plus de possibilités d’avoir un rendez-vous avec un généraliste que les 10 % les plus défavorisés ».

La présence et la disponibilité des médecins généralistes sont les premières conditions de l’accès aux soins. Les soins de premier recours sont tenus aujourd’hui à bout de bras par ces professionnels de premier recours que sont les médecins généralistes, les infirmières libérales, les pharmaciens d’officine, les biologistes, les orthoptistes, les masseurs-kinésithérapeutes avant tout.

Lorsque qu’ils s’épuisent ou partent sans être remplacés, les soins courants ne sont plus assurés et se déportent vers les établissements de soins.

La crise que traversent les établissements de soins – hôpitaux et Ephad confondus – provient pour une large part de ce déséquilibre ; l’activité des établissements supporte une grande partie de prises en charge qui ne relèvent pas de leurs missions a priori. Pour répondre à la triple question de l’explosion des activités, de l’épuisement des professionnels et de l’accroissement des déficits, la seule solution demeure d’assurer les soins courants au plus près de la population par des médecins généralistes et/ou des équipes de soins primaires.

L’intérêt de la population doit repasser au premier plan. A céder sans cesse au corporatisme médical et à reculer face aux décisions difficiles, les politiques ont accepté depuis trop longtemps de laisser perdurer la crise. Comme un train lancé à grande vitesse qui ne répond plus aux freins, la désertification médicale exige en réponse une politique publique courageuse, prolongée et de long terme au service des malades.

La bonne répartition des médecins généralistes est une exigence sanitaire de premier ordre, tant les soins des médecins généralistes sont essentiels à la population. Dans la mesure où impôts et cotisations financent la plus grande partie de l’activité des médecins, c’est aussi une impérieuse nécessité économique. Ni les citoyens qui financent les soins et ni les politiques qui représentent les citoyens ne peuvent accepter que les malades ne reçoivent plus les soins dont ils ont besoin sur un tiers du territoire.

La liberté d’installation des médecins peut se concevoir, pour autant le conventionnement avec la sécurité sociale doit être repensé dans l’intérêt des malades. Le conventionnement finance largement les soins dans certaines zones privilégiées et abandonne de larges espaces par ailleurs. Les citoyens qui financent le système de santé attendent une réponse qui garantisse l’accès aux soins sur tout le territoire.

La répartition des pharmaciens d’officine et des infirmières libérales répond à des exigences publiques, il doit en être de même pour les médecins. Conventionner les médecins et apporter un financement solidaire là où il existe des besoins constitue la première étape du renouveau d’une politique publique au service des malades.

Martial Olivier-Koehret et Peggy Wihlidal

Association Soins Coordonnés

 

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