Tribune – Accès aux soins: les remèdes qui sauvent

Face à l’indéniable dégradation de l’accès aux soins, le tiers-payant peut aussi être un vecteur d’assainissement du système de santé; Soins Coordonnés continue à en saluer la progression.

L’accès aux soins, malade

Se faisant l’écho des nombreuses voix qui s’élèvent depuis quelques mois, le CISS a mis en avant, dans une publication du 3 janvier 2017, l’impact des dépassements d’honoraires et de l’accroissement du reste-à-charge sur l’accès aux soins des patients.
Rappelons que parmi les mesures du passé, les contrats responsables ont été instaurés pour limiter les dépassements d’honoraires. Or, comme l’ont souligné plusieurs organismes, force est de constater que le remède est loin d’avoir été efficace, et que ce sont les patients qui en pâtissent parfois au point de renoncer aux soins [1].
Pourtant, l’accès aux soins est un droit qui doit s’exercer sans contraintes financières et géographiques, auprès des médecins généralistes, des infirmières, des pharmaciens, et de l’ensemble des autres professionnels de premier recours.

Le tiers-payant comme remède assainissant

Face à l’inquiétante dégradation de l’accès aux soins, il convient de ne pas négliger les potentialités qu’offre un remède tel que le tiers-payant. Ce dispositif permet en effet au patient d’éviter de débourser pour des soins qu’il a, rappelons-le, pré-payés via le système solidaire de cotisations sociales. Il est en outre, un gage de transparence sur les tarifs pratiqués.
Pour une prise en charge optimale, il doit s’appliquer à l’ensemble des professionnels de santé organisés en équipe de soins primaires autour du patient.

En ce sens, on peut saluer la progression du tiers-payant en ville, qui, bien que lente, ouvre la voie à une résorption des inégalités sociales de santé.
Récemment, la direction générale de la santé (DGS) annonçait que selon les données d’ octobre 2016, le tiers-payant avait été appliqué par les médecins généralistes dans 73,7% des cas de patients en ALD, au régime général, contre 66% au premier trimestre de l’année.

Rassurer les professionnels

S’il offre des garanties aux patients, le dispositif du tiers-payant se doit également d’assurer aux professionnels de santé parties prenantes le paiement des actes dispensés et la rémunération de leur travail [2]. Gageons que son développement soit une opportunité pour permettre aux pouvoirs publics de résoudre les dysfonctionnements identifiés par les professionnels.

 
[1] Voir notre communiqué du 24 août 2016 « Reste-à-charge : quand les patients paient la facture des dépassements d’honoraires » : http://soinscoordonnes.fr/reste-a-charge-quand-les-patients-payent-la-facture-des-depassements-dhonoraires/
[2] Voir notre communiqué du 25 janvier 2016, « Soins Coordonnés pour un tiers payant de premier recours » http://soinscoordonnes.fr/soins-coordonnes-pour-un-tiers-payant-de-premier-recours/

 

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