Pharmacien d’officine : acteur de santé incontournable

Fort de ses compétences professionnelles, de la confiance de la population, et de sa proximité des Français, les pharmaciens d’officine sont des acteurs de santé aux compétences professionnelles insuffisamment reconnues.

Les pharmaciens d’officine ont vu leur rôle reconnu dans le suivi des patients asthmatique et sous AVK et la prévention de la iatrogénie chez les personnes âgées. L’inquiétant recul des vaccinations a aussi conduit à leur mobilisation pour relever ce défi de santé publique – d’autant que vu l’état actuel des choses, et l’inquiétante chute de la couverture vaccinale, un acteur de santé mobilisé supplémentaire est une chance dont nul ne peut se passer.

Ces avancées -soutenues par la population-  n’en restent pas moins trop timides tant notre système de santé à bout de souffle se révèle de moins en moins  en capacité de répondre aux besoins quotidiens des malades.

Les pharmaciens, en dépit de l’absence de soutien des pouvoirs publics qui aboutit à la réduction continue du nombre d’officines[1]*, sont aujourd’hui les seuls soignants présents partout sur tout le territoire à proximité immédiate de toute la population. Cette situation unique dans un contexte de progression continue de la désertification médicale doit conduire à confier rapidement de nouvelles missions aux pharmaciens d’officine.

Pour illustrer ces propos, rappelons que l’essentiel des activités de soins en médecine de ville concerne le suivi des maladies chroniques. Les malades cardiaques, respiratoires, diabétiques, etc. font l’objet d’un suivi au long cours ponctué d’ordonnances souvent reproduites d’un mois sur l’autre. Ces ordonnances sont produites par des médecins généralistes ou spécialistes, libéraux ou hospitaliers. Pour les patients dont  le traitement est stabilisé, le rôle du pharmacien d’officine doit être reconnu et amener une nouvelle approche de la prise en soins. Précisément, dans le cadre d’un travail en équipe, le médecin généraliste apporte à ce malade chronique une consultation annuelle de synthèse que le pharmacien complète par un suivi régulier qu’il s’agisse de la délivrance des médicaments ou du suivi de paramètres cliniques au préalable identifiés.

Pour certains patients par exemple les diabétiques sous insuline ou les personnes bénéficiant d’une délivrance des médicaments à domicile par les IDEL, il est bien sûr possible de constituer un trinôme des soins primaires (médecins généralistes, pharmaciens, idel). Ces acteurs du soin primaire, garants de l’accès aux soins, sont parfaitement en capacité et responsables pour décider secteur par secteur quels malades peuvent bénéficier d’un suivi à deux professionnels ou a trois professionnels pour commencer.

Cette nouvelle approche doit être mise en place en urgence dans les déserts médicaux au bénéfice des malades actuellement en difficultés d’accès aux soins du fait du manque de médecins généralistes.

Dans tous les cas, ouvrir largement le renouvellement des ordonnances des malades chroniques aux pharmaciens d’officine est une urgence de santé publique face à la désertification médicale.

Il faut soutenir la présence des pharmaciens en zones rurales et dans les zones tendues au travers de l’ensemble des dispositifs possibles : incitations financières pérennes, dérogations d’installation, etc. La valorisation du rôle d’acteur de santé des pharmaciens d’officine est un atout essentiel pour l’accès aux soins de toute la population.

Association Soins Coordonnés

8 mars 2018

[1] 22 510 officines, 188 ont rendu leurs licences en 2016

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