Le tiers payant : ce révélateur

Comme l’ont bien compris la plupart des pays de l’OCDE, le tiers payant facilite l’accès aux soins.

 

Le Tiers Payant est un sujet sensible chez les médecins libéraux pour de multiples raisons mais aussi parce qu’il pose la question essentielle de qui – de la sécurité sociale ou des malades eux-mêmes – finance les soins médicaux en France.

 

La sécurité sociale gère l’argent de la solidarité c’est à dire la contribution de toute la population. Les soins apportés aux malades sont toujours réglés. Cette solvabilisation est un atout considérable pour les acteurs de santé dans un monde économique où les défauts de paiement sont une cause directe de nombreuses faillites. Sans cette solvabilisation et sans le soutien des 174 milliards d’euros de financement solidaire, les médecins seraient moins nombreux dans notre pays, réaliseraient moins d’actes et n’auraient pas la certitude d’être payés pour leur travail.

 

Cette évidence économique n’est pas acceptée par les plus libéraux des médecins qui, s’accrochant au paiement à l’acte et au paiement direct, ne reconnaissent pas le rôle central de la sécurité sociale dans leur activité de soins.

 

Pour réorienter les demandes de soins vers le premier recours, le tiers payant s’impose et les pouvoirs publics doivent le rendre effectif et simple pour les médecins généralistes.

 

Le tiers payant est déjà largement utilisé par l’hôpital, par toutes les autres professions de santé et notamment pour les actes les plus chers des médecins notamment les examens techniques spécialisés.

 

Les adversaires du tiers payant font aussi valoir la difficulté d’obtenir les sommes dues par les complémentaires santé. Ce sujet n’est pas spécifique aux professionnels de santé mais aux complémentaires santé. Le tiers payant sert ni plus ni moins que de révélateur de cette réalité : parmi les centaines d’assurances complémentaires santé, toutes ne remboursent pas les malades avec facilité. Par méconnaissance ou compte-tenu des sommes à récupérer, les patients ne suivent pas tous leurs remboursements aussi précisément que les professionnels. Sur ce point le développement du tiers payant doit permettre aux pouvoirs publics de résoudre ces dysfonctionnements identifiés par les professionnels et de garantir que les contrats d’assureurs complémentaires santé respectent leurs engagements contractuels y compris pour de petites sommes. A titre d’exemple, sur une consultation à 23 euros d’un médecin généraliste, les complémentaires remboursent 6,10 euros.

 

Le tiers payant de premier recours est un signal fort sans lequel notre système de santé continuera à dériver comme aujourd’hui vers plus de recours direct vers les médecins spécialistes et l’hôpital, c’est-à-dire aussi plus de dépenses de santé et moins d’efficience. Faire revenir les patients aux soins de premier recours nous permettra de revenir à la gradation des soins, d’améliorer les indicateurs sanitaires et d’équilibrer les dépenses de santé.

 

Instrument d’accès aux soins, indicateur fort du rôle de premier recours du médecin généraliste, révélateur d’éventuels dysfonctionnements, garantie de solvabilisation du travail effectué, le tiers payant est un outil essentiel dans notre système de santé.
Avec un engagement fort des pouvoirs publics, le tiers payant garantit le paiement du travail des médecins généralistes et l’accés aux soins des malades.