Le constat d’une surmortalité grippale cet hiver relance le débat sur la vaccination


 – HOSPIMEDIA

 

Le taux de vaccination contre la grippe chez les personnes âgées est passé sous la barre des 50%. Conséquence, l’Institut de veille sanitaire évalue à 18 300 la surmortalité durant les neuf semaines de l’épidémie hivernale 2014-2015. Face à ces chiffres, le Gouvernement annonce une campagne d’information et de vaccination à l’automne.

 

Dans son bilan de la saison grippale 2014-2015 diffusé ce 22 mai, l’Institut de veille sanitaire (InVS) recense près de 30 000 passages aux urgences, parmi lesquels 3 133 ont abouti à une hospitalisation (dont 47% chez les plus de 65 ans) et 1 558 à une admission en réanimation. L’organisme met aussi à jour un excès de 18 300 décès durant l’épidémie (extrapolation d’un calcul sur un échantillon de 1 000 communes), concentré à 90% sur les sujets âgés de plus de 65 ans. Le chiffre le plus élevé depuis l’hiver 2006-2007. Cet excès de mortalité, écrit l’InVS, est lié à la grippe mais aussi à d’autres facteurs hivernaux. Et il a été observé dans treize des quinze pays participant à la surveillance européenne de la mortalité hivernale (soit 90 000 décès estimés tous âges confondus). Dominée par le virus A(H3N2), l’épidémie de grippe a donc été “forte” cette saison (neuf semaines d’épidémie) avec un impact “important” en termes de mortalité chez les personnes âgées. “Pourtant une majorité des virus grippaux circulant étaient couverts par le vaccin“, analyse l’InVS.

Une campagne d’information pour relancer la couverture vaccinale

L’institut déplore alors une baisse de la couverture vaccinale, notamment chez les populations à risque (47%), d’autant qu’elle affecte surtout les personnes âgées. Certes, dans les collectivités qui les accueillent, la couverture vaccinale des résidents était de 83%, valeur comparable à celles observées depuis 2010. Les épidémiologistes observent donc une stabilisation des proportions de malades, d’hospitalisés et de décès parmi les résidents. Mais l’institut regrette une faible couverture vaccinale du personnel de ces structures d’accueil, à 23% seulement, stable elle aussi. Ainsi, Laurence Rossignol, secrétaire d’État en charge de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie, a-t-elle annoncé, dimanche, sur les ondes de RTL, qu’une grande campagne d’information et de vaccination sera lancée dès l’automne 2015 auprès des médecins et des plus de 65 ans. En septembre, seront réunis pour cela, a-t-elle précisé, “l’ensemble des fédérations de services à domicile, tous ceux qui vont auprès des personnes âgées au quotidien, pour qu’ils soient des porte-parole, des propagandistes du vaccin contre la grippe et que nous remontions l’an prochain à un taux de vaccination qui protège la plus grande partie de la population“.

Le médecin traitant pour retrouver confiance

Pour MG France, “il est temps de changer de politique vaccinale“. Dans un communiqué, ses représentants estiment que “le coûteux envoi postal de bons de vaccination se solde par un médiocre résultat“. Le syndicat propose alors de rendre ce rôle de responsabilité au médecin traitant, le plus à même, selon lui, de repérer les personnes à risque non vaccinées. Une idée partagée par la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). Du côté de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), cet épisode montre la qualité du suivi de la santé des résidents en établissements et révèle une nécessaire aide aux personnes âgées à domicile. Pour l’association, les critiques sont formulées en direction de la politique de prévention. Elle réclame alors de mettre la question à l’ordre du jour du prochain comité de refondation de l’aide à domicile.

Pia Hémery