Interview de Madame Monique Weber, Directeur Général de l’OGDPC

« Tous les programmes de DPC auxquels les professionnels de santé se sont inscrits seront intégralement financés »
ARTICLE DU 24-10-2014

Interview de Madame Monique Weber, Directeur Général de l’OGDPC

Au moment où le conseil de gestion a décidé de prendre des mesures radicales pour répondre à l’arithmétique sans appel de l’augmentation du nombre de professionnels de santé libéraux inscrits à des programmes de formation DPC, Monique Weber, directeur Général de l’OGDPC nous a accordé un entretien au cours duquel elle a reprécisé les règles de fonctionnement et l’esprit du DPC.

Alors que l’année 2013 avait déjà été un plein succès pour le dispositif du développement professionnel continu tel qu’instauré par la loi HPST, l’année 2014 confirme cette tendance. Au mois de septembre 2014, on comptabilise déjà 140 000 comptes DPC ouverts pour 110 000 professionnels de santé inscrits, soit une augmentation de 25% par rapport à l’année 2013. On comptabilise 18 000 inscriptions mensuelles en moyenne et un pic à 24 000 inscriptions a même été comptabilisé au mois de septembre 2014.

Ce succès est à mettre au profit de la nouvelle architecture et organisation que porte l’OGPDC. 41 000 médecins se seront formés en 2014. Pour rappel, à titre d’exemple, l’ancien système de formation professionnelle continue conventionnelle enregistrait à peine 18 500 médecins. Ce succès ne manquera pas d’être augmenté une fois les réformes du site internet de l’OGDPC en cours pour améliorer l’ergonomie et la facilité d’utilisation par les professionnels abouties.

Pour autant, la qualité des programmes n’est aujourd’hui évaluée qu’a priori par les commissions scientifiques. Madame Monique Weber a fait état de retours d’une « grande satisfaction » sur la qualité des programmes suivis de la part des professionnels de santé participants après un lancement difficile. Il n’en reste pas moins que l’évaluation de la qualité des programmes proposés par les organismes de formation fait partie des futurs chantiers de l’OGDPC. Le projet de loi de santé propose précisément d’élargir les missions des CSI à ce contrôle-qualité qui dépassera les seuls contrôles administratifs, « nécessaires mais non suffisants ». Pour compléter ce dispositif, l’OGDPC travaille avec la HAS à ce sujet.

Un arrêté et un décret ont été publiés le 8 octobre dernier modifiant les règles de fonctionnement de l’OGPDC ainsi que les possibilités d’agir du conseil de gestion. Il s’agit de permettre à l’organisme « d’assumer pleinement sa mission de financement des programmes » ainsi que d’ouvrir la possibilité de diversifier les sources de financement du DPC. Par ailleurs, ces textes sécurisent la gestion de l’OGDPC qui bénéficie aujourd’hui d’un système d’alerte qui lui permet de mettre plus rapidement en œuvre les mesures d’ajustement qui peuvent s’avérer nécessaires pour permettre le respect des engagements pris.

L’application de ces textes a conduit le conseil de gestion à prendre une « mesure restrictive » qui devrait représenter sur l’année 2014 une économie induite de 10 millions d’euros. Les 13 millions d’euros de dotations complémentaires qui ont par ailleurs été votés devront permettre de faire face aux dépenses estimées par l’indemnisation du système de DPC d’ici la fin de l’année 2014.

Les formations de formateur et de maîtres de stages sont les seules exceptions à cette règle « d’un seul DPC par professionnels de santé n’ayant pas encore participé cette année à un programme ». Il est regrettable que les formations pluriprofessionnelles soient de fait exclues du dispositif. Concrètement, la possibilité reste ouverte aux professionnels de valider leur obligation de formation continue annuelle en participant à un programme de formation pluriprofessionnel ou monoprofessionnel.

Pour l’année 2015, compte tenu du contexte économique peu favorable, les dotations qui fondent le budget du DPC demeureront très vraisemblablement similaires. Compte tenu du fait que le succès du DPC n’a aucune raison de s’inverser – l’objectif initial demeure de former les 1,8 million de professionnels de santé du système de santé français – les modes de prise en charge devront être modifiés. Plusieurs possibilités existent qui seront sans doute déployées ensemble: limiter le nombre de programmes ouverts par professionnel, diminuer le montant des forfaits « globalement élevés par rapport à ce qui existe sur le marché de la formation continue toutes choses égales par ailleurs », opter pour des programmes qui permettent de décliner les priorités de santé publique et avoir recours à des « équivalents DPC » qui n’impactent pas le budget global du DPC.

Au final, la piste financière ne devrait pas être la seule à être explorée. Les orientations du DPC pourraient être recentrées vers des priorités de santé publique. Les efforts seront concentrés pour permettre d’aboutir à un DPC mis en œuvre par « des organismes sérieux aux programmes tout aussi sérieux », c’est-à-dire administrativement et qualitativement irréprochables.

Propos recueillis le 16 octobre 2014 

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