Etude démographique des pharmaciens – synthèse des éléments présentés par l’Ordre des Pharmaciens le 21 novembre 2016

L’Ordre des pharmaciens a présenté le 21 novembre 2016 une étude intitulée Démographie et pharmacie : état des lieux et prospectives.

Ce travail avait pour ambition d’identifier l’offre (c.a.d. les pharmaciens implantés) et d’anticiper la demande (pour mieux déterminer le numerus clausus).

Ils compilent les données de l’Ordre, de l’INSEE, du CAVP, de l’UFR pharmaciens, de la DREES.

Même si certains résultats sont inquiétants, l’enquête de l’Ordre va à rebours de quelques clichés concernant la désertification pharmaceutique.

Fermetures d’officines

  • En ce qui concerne la métropole, l’Ordre ne constate pas d’accélération des fermetures d’officines sur les trois premiers trimestres de 2016. En effet, fin septembre 2016, 140 fermetures ont été enregistrées (pour 180 l’année passée).
  • Les officines ferment d’abord dans les grandes villes.
  • Il faut noter qu’il y a de plus en plus de regroupements d’officine (ou rachats/fermetures) (55% en 2016)
  • En termes de chiffres d’affaires :
    • 43% des officines ayant fermé avait un CA entre 500 000 et 1 million d’€
    • 33% entre 1 et 2 millions d’€
    • 7% plus de 2 millions d’€

L’Ordre en conclut que la fermeture est une démarche volontaire dans de nombreux cas (et non le fait d’une liquidation judiciaire)

  • En revanche, on note davantage de départs de titulaires (+1,4% entre 2015 et 2016) pour la retraite .

Parallèlement, moins de pharmaciens choisissent le cumul emploi-retraite (13,42% contre 23% en 2015). Ce qui tend à souligner que les pharmaciens sont plus prompts à quitter définitivement leur profession.

Installation des jeunes

  • Les jeunes s’engagent puisque 48% des officines changeant totalement de main sont rachetées par des pharmaciens de – 37 ans
  • Les régions attirant le plus de nouveaux pharmaciens sont la Champagne-Ardenne, Rhône-Alpes, la Picardie, l’Aquitaine et le Limousin. Il ne semble donc pas y avoir chez les pharmaciens une difficulté avec la ruralité.

Anticiper la suite

En revanche l’Ordre n’est pas en mesure de dessiner les perspectives pour l’avenir en raison d’un nombre conséquent de variables susceptibles d’impacter la suite, comme l’âge de départ à la retraite, le temps de travail, les GHT, l’obligation du DES pharmaciens, l’organisation des études, l’évolution de la mission du pharmacien, l’évolution des missions des autres professionnels de santé.

L’Ordre construit un modèle plus robuste tenant compte de ces variables.

On peut en conclure que, si le nombre de départs définitif de pharmaciens et le nombre de regroupements sont inquiétants et pourraient être l’illustration de doutes des pharmaciens quant à l’avenir de la profession, les jeunes pharmaciens témoignent eux toujours d’un dynamisme et d’une volonté de transformer leurs missions. Gageons que cela se fera en coopération avec l’hôpital et avec les autres professions de santé.

 

 

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