Etre sage-femme installé.e en libéral, c’est avoir l’avenir de la santé des femmes entre ses mains !

Aujourd’hui, plus de 20 000 sages-femmes sont réparti.e.s sur le territoire et pas loin de 4000 sont installé.e.s en libéral. Ce chiffre devrait dépasser les 5000 sous peu.

Pour les sages-femmes comme pour l’ensemble de ses acteurs, notre système de santé peut être perçu au travers de ses limites nombreuses et véritables, des freins qu’il convient d’identifier :
  • des cadres d’intervention, des réglementations strictes séparent les actes remboursés et les autres, les actes autorisés et les autres, une administration parfois pesante qui bride les initiatives quand elles ne correspondent pas au millimètre aux attendus bureaucratiques;
  • une absence de consensus et de message politique clair sur des questions de santé publique qui concernent en particulier les sages-femmes (vaccination obligatoire et pour tous contre le cancer du col de l’utérus VS frottis cervico-utérin, allaitement clairement porté comme une priorité de santé plus que comme une question sociétale par exemple);
  • des contraintes financières fortes dans un contexte où on ne sait y répondre que par une logique de coupe budgétaire plutôt que dans une logique de réorganisation.

Pour autant, notre système fourmille d’opportunités et il n’existe de limites que celles que l’on se fixe.

La question de l’installation en libéral est emblématique de cette ambivalence entre freins et opportunités : s’installer en libéral continue à faire peur, a fortiori dans une zone de désert médical ou en passe de le devenir.
Pourtant, ce sont aussi les zones où s’installer est le plus simple à la fois techniquement (les efforts conjugués des institutions et forces en présence pour permettre l’installation la plus facilitée possible sont nombreux et efficaces) et relativement à l’exercice en lui-même.
S’installer dans une zone désertique c’est l’assurance d’un exercice aussi intéressant qu’il puisse être, diversifié et valorisé.
Quel que sera le contenu de cet exercice, celui-ci se fera au sein d’une équipe.
Travailler en équipe ne veut pas forcément dire travailler en maison de santé – celles-ci (on en dénombre 600 aujourd’hui actives sur tout le territoire) demeurent coûteuses, sans modèle économique et surtout ne sont pas synonyme d’un exercice en équipe!
Quel que soit le choix et l’opportunité qui se présentera (dans une maison ou pas), l’essentiel demeure de s’intégrer au sein d’une équipe de santé primaire (ESP).
Le sujet primordial demeure l’intégration dans le tissu local des acteurs pour travailler en bonne intelligence avec eux.
Cette installation s’entend dans un contexte de collaboration étroite car construite avec le tissu des établissements de santé du territoire.
Aujourd’hui, la défausse de la ville vers l’hôpital est généralisée et handicapante pour le système. Demain, on ne pourra que profiter d’un mouvement de rééquilibrage.
L’échange d’informations entre les équipes hospitalières et de ville est à fois nécessaire et logique. Il se construit sur la base d’un accord dicté par le pragmatisme et la logique. Utiliser un outils de communication plutôt qu’un autre importe peu (ils sont nombreux à fonctionner d’ores et déjà).
L’outil d’une formation commune (ville-hôpital) est à promouvoir autant que possible : le DPC (développement professionnel continu) est une arme de déploiement massif de la pluriprofessionnalité en puissance ! Il est recommandé d’en abuser !

Bien sûr, l’ensemble des acteurs de la santé sur les territoires – professionnels compris ainsi que les institutions, collectivités, etc. – devra bénéficier d’un accompagnement sur ce sujet : mieux connaître le rôle et les compétences des sages-femmes au sein de ces équipes relève d’une action résolue et active.

C’est un jeu qui en vaut la chandelle car les sages-femmes portent une maïeutique largement renouvelée pour demain : un véritable outil de construction de la liberté des femmes :
  • liberté de choix de son professionnel de santé (et plus seulement l’absence de choix pour sa santé qui consiste à devoir être suivie par un gynécologue-obstétricien) – cette liberté constitue une avancée fondamentale ;
  • liberté de choisir véritablement sa contraception, en toute connaissance de cause ;
  • liberté de la maîtrise de son corps tout au long de sa vie : le déploiement des compétences des sages-femmes en matière de prévention (tabac, cancer du sein, du col etc.) et d’accompagnement sont le préalable à une nouvelle façon d’aborder la santé des femmes.
Grâce à cette maïeutique 5.0 c’est un nouveau monde pour la santé des femmes qui s’ouvre.
Bienvenue à elle. Et à vous !

La tribune de Peggy Wihlidal

Cette tribune a été présentée dans le cadre d’un colloque organisé par l’ANESF le 6 juillet 2018 portant sur “la maïeutique de demain”.

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