ACTION DE DEPISTAGE PRECOCE DE LA MALADIE RENALE PAR L’URPS BIOLOGISTE CENTRE VAL-DE-LOIRE

Résumé de l’action

L’insuffisance rénale est dépistée tardivement, ce qui induit de lourds traitements pour le patient. Au vu de ce constat, l’URPS Biologistes Centre Val-de-Loire a construit un projet ayant pour finalité d’organiser le dépistage précoce de l’insuffisance rénale chronique.

La première étape de cette action consiste à sensibiliser les biologistes à l’importance d’une standardisation de leurs pratiques. A cette fin, l’URPS Biologistes construit une campagne de sensibilisation et d’information à leur destination et propose de les accompagner dans cette démarche.

D’autre part l’action de l’URPS Biologistes, en partenariat avec les autres professionnels de santé, entend sensibiliser les médecins à l’importance de leur rôle dans le dépistage précoce et de les informer des nouvelles méthodes d’analyse biologique en la matière ; la finalité demeurant la construction d’une démarche commune de prise en charge de l’insuffisance rénale.

 

La nécessité d’une meilleure prévention de l’insuffisance rénale

En France, 1,8 à 3 millions de personnes sont touchées par une insuffisance rénale chronique (IRC).

L’IRC est une maladie insidieuse dont la prévalence augmente et qui a un fort impact sur les budgets de soins de santé. Lorsqu’une maladie rénale est dépistée, quel que soit son stade, une prise en charge médicale adéquate permet d’en ralentir ou d’en stopper l’évolution et de diminuer les risques d’évolution vers l’insuffisance rénale terminale.

 

Or, la prévention des maladies rénales en France est peu développée malgré les avantages évidents de multiplier les diagnostics précoces, de proposer des traitements permettant de retarder l’évolution des maladies, voire d’éviter pour certaines personnes les traitements lourds que sont la dialyse et la greffe.

 

A l’heure actuelle, le dépistage est proposé dans certaines circonstances mais reste insuffisamment promu :

– Lors des visites médicales du travail : dépistage systématique basé sur la mesure de la pression artérielle et la recherche par immersion de bandelette dans les urines, d’anomalies urinaires.

– A l’occasion de la semaine nationale du rein ou de la journée mondiale du rein : dépistage proposé gratuitement qui s’appuie sur un test par bandelette urinaire avec l’éventuelle mesure de la pression artérielle.

– Par le médecin généraliste ou le spécialiste lorsque le patient présente un facteur de risque de maladie rénale.

 

Quoi qu’il en soit, le diagnostic est souvent posé trop tardivement : un français sur vingt ignore être atteint de cette maladie silencieuse et irréversible. La question du dépistage précoce de l’insuffisance rénale se pose donc avec acuité.

 

Il apparaît également aujourd’hui qu’il existe, d’une part, une grande diversité des pratiques au sein même de la communauté des biologistes, et d’autre part, une hétérogénéité des pratiques de dépistage de l’insuffisance rénale chez les médecins traitants : patients à risque, utilisation des indicateurs biologiques, nouvelles techniques de calcul du DFG, et une sous-exploitation du DFG chez les patients.

 

Les recommandations de la HAS

 

En pratique clinique courante et en situation de dépistage ou de diagnostic précoce, la fonction rénale est évaluée à partir du débit de filtration glomérulaire (DFG) ou de la clairance de la créatinine calculés à l’aide d’équations.

Déchet métabolique transporté par le sang et normalement éliminé par les reins dans les urines, la créatinine est issue de la dégradation, lors d’un effort physique de la créatine, molécule indispensable pour la production d’énergie dans les muscles. La créatinine constitue un bon indicateur de la fonction rénale : son accumulation dans le sang signifie que la filtration du sang par les reins n’est plus réalisée correctement.

 

L’apparition de nouvelles méthodes de dosage de la créatinine, ainsi que l’hétérogénéité ou l’absence de standardisation des réactifs utilisés, ont conduit la HAS à évaluer la fiabilité des différentes techniques. En 2012, elle a rendu un avis dans lequel elle fait plusieurs recommandations.

La HAS recommande aux laboratoires de biologie médicale :

  • d’opter pour les méthodes enzymatiques standardisées IDMS (Isotopic Dilution Mass Spectroscopy) en ce qui concerne le dosage de la créatinine, méthodes jugées plus fiables sur les valeurs basses que la technique cinétique Jaffé et moins sensible aux chromogènes (sérum ictérique, lactescent).
  • d’évaluer la fonction rénale par l’estimation du DFG et non plus par l’estimation de la clairance de la créatinine
  • enfin, d’utiliser l’équation CKD-EPI (Chronic Kidney Disease – Epidemiology Collaboration) et non plus MDRD (Modification of Diet in Renal Disease) pour l’estimation du DFG, ce qui impose une standardisation du dosage de la créatinine plasmatique.

En conclusion, la HAS recommande que le rendu des résultats satisfasse à certaines conditions :

  • la créatininémie doit être exprimée en μmol/L
  • ce chiffre doit être accompagné, pour l’évaluation de la fonction rénale, d’une estimation du DFG par l’équation CKD-EPI et si possible, pour l’adaptation des posologies, d’une estimation de la clairance de de la créatinine par la formule de Cockcroft et Gault.
  • Le laboratoire doit préciser la technique employée pour le dosage de la créatininémie et, s’il en dispose, indiquer les résultats des analyses antérieures effectuées chez le patient. Il est préférable de réaliser les analyses de suivi d’un patient dans un même laboratoire pour rendre disponible l’antériorité.

 

Le projet de l’URPS Biologistes Centre Val de Loire

 

Le projet porté par l’URPS Biologistes Centre Val-de-Loire ambitionne d’organiser le dépistage précoce de l’insuffisance rénale chronique. Pour y parvenir, il poursuit trois objectifs.

  • Sensibiliser les biologistes à l’importance d’une standardisation des pratiques entre laboratoires
  • Sensibiliser les médecins à l’importance du dépistage précoce de l’insuffisance rénale et les informer des nouveaux outils mis à leur disposition par les biologistes
  • Construire une démarche commune sur l’insuffisance rénale entre biologistes médicaux, médecins généralistes et spécialistes.

 

Ciblée sur les populations à risque (sujets âgés, obèses, diabétiques, hypertendus etc.), la campagne de communication vise à informer les biologistes libéraux sur les évolutions relatives à l’insuffisance rénale et à les accompagner dans leurs démarches.  Elle informe également les médecins généralistes et, le cas échéant, les spécialistes libéraux concernés (néphrologues, cardiologues, endocrinologues, gériatres) afin de valoriser les nouveaux outils mis en place par les biologistes. Les associations de patients sont également impliquées dans l’action.

 

Pour plus d’informations, contactez-nous.

 

 

 

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